RestankHouse

18 h, vendredi.
Le téléphone sonne. Mon ami Bertrand me demande si je peux prendre en charge un de ses clients car il part en vacances. Selon lui, ce client l’a contacté pour réaliser un petit plan afin de présenter un projet à ses financiers.

J’accepte la mission et contacte le client. C’est un promoteur qui vient d’acquérir un terrain constructible. La mairie a été claire sur le sujet : malgré la taille du terrain, mon client ne peut pas créer plusieurs bâtiments distincts.

Au fil de la conversation, je comprends que c’est un problème pour lui. Il souhaiterait que ses locataires puissent disposer chacun de leur propre espace. Il a en tête quatre T3 qu’il souhaite de plain-pied car, dit-il, au moins deux logements devraient être aux normes PMR et les autres accessibles. Je comprends vite que je n’ai pas affaire à un promoteur avide, mais à un homme soucieux de créer des habitats pour tous et de penser des bâtiments agréables à vivre.

Je prends quelques notes et l’appel se clôt en laissant s’ouvrir le week-end.

Le terrain n’est pas très loin de chez moi. Je décide d’aller m’y balader, alliant travail et plaisir, deux notions qui se mêlent sans cesse dans nos métiers-passions.

Lorsque j’arrive sur les lieux, la première chose qui me saute au visage, ce sont les restanques qui, en plus de structurer plusieurs plateaux, se révèlent être de grandes murailles délimitant les parcelles, anciennement agricoles et abandonnées depuis des années. Construites au fil du temps depuis des centaines d’années, elles sont le témoin du labeur acharné d’hommes qui, génération après génération, ont vidé la terre de ses pierres pour la rendre arable.

Je rentre chez moi pleine de ces images qui structurent le paysage. Et pendant le week-end, je laisse germer quelques idées.

Le lundi matin, j’appelle mon client : ça y est, j’ai une idée. Je fais un premier croquis rapide pour lui exprimer ce que j’ai en tête et le projet bascule rapidement dans une autre dimension.

 

Je ne facture pas le travail accompli sans demande explicite du client, mais à ce stade il est temps de redéfinir la mission. D’un carré coupé en quatre, nous passons ensemble à un projet qui pourrait prendre l’ampleur d’un bâtiment hors norme.

Le client est très enthousiaste mais il sait qu’en élevant le projet à une plus grande échelle, il faudra convaincre les financiers d’y mettre les moyens. Nous redéfinissons donc ensemble ma mission : plans, consultation urbanistique, 3D, rendus photoréalistes et vidéo pour un dossier béton.
La mission qui devait prendre deux jours, payée à l’heure, passe au forfait.

Un petit coup de fil au bureau d'étude ingé pour s'assurer que le projet ne posais pas, a priori, de problème de construction majeur... et au travail !

Le promoteur me demande de le tenir informé et d’échanger régulièrement avec lui au fur et à mesure de l’avancement. Je me réserve donc un créneau d’une demi-heure par demi-journée pour l’appeler ou lui envoyer un mail.

Un rendez-vous est pris avec le service urbanisme de notre village et j’essaie d’obtenir quelques rendus afin que nos interlocuteurs puissent avoir une idée précise de notre proposition. Le but étant de récupérer un certificat d’urbanisme opérationnel pour obtenir les financements en toute connaissance de cause, mais aussi pour tester la plausibilité du projet.

Lors du rendez-vous, l’urbaniste se montre lui aussi très enjoué, mais quelque chose l’embête : les toits-terrasses ne sont pas autorisés dans cette zone du PLU. Mais chez Braillane Conception, nous connaissons bien cette problématique et nous avons une solution à proposer au client…

Le toit végétalisé. L’article L.152-5-1 du Code de l’urbanisme permet en effet de déroger aux dispositions du PLU relatives aux caractéristiques architecturales des façades et toitures. Cette fois, c’est dans la poche : nous obtenons notre CU b.

Pendant ce temps, les rendus s’affinent au bureau et, au bout d’une quinzaine de jours, le projet est bouclé. Nous fournissons au client :
– 5 plans (plan intérieur, 2 façades, une coupe, un plan de détail)
– 16 images dont des croquis réalisés à la main et des rendus photoréalistes
– une 3D aux formats SKP et OBJ (selon la demande du client)
– une vidéo de 26 secondes
– un peu de wording pour intégrer des termes techniques au dossier.

Mission accomplie. La dernière réunion se termine autour d’un verre en terrasse et de discussions sans fin sur notre envie de voir ce projet prendre forme un jour.